“Pour Avicenne, la santé de l’âme dépend directement de notre rapport à la vérité”
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"Dans quel contexte Avicenne a-t-il écrit Le Livre de la guérison – ou Kitāb al-Shifā’ en arabe?
Olga L. Lizzini : Médecin de profession, Avicenne fait partie d’un groupe de philosophes dont les plus jeunes membres l’écoutent et l’accompagnent dans ses pérégrinations dans une région comprise entre ce qu’on appelle maintenant l’Iran et l’Ouzbékistan. Entre le Xe et le XIe siècle, la « falsafa » n’a plus son centre à Bagdad. D’ailleurs, Avicenne ne quittera jamais l’espace iranien, qui va de Boukhara à Hamadan. C’est le groupe de disciples qui l’accompagne qui demande à Avicenne d’écrire un commentaire sur Aristote. Le philosophe grec est vraiment la grande référence pour les philosophes qui écrivent en arabe au Moyen Âge. Son œuvre plaît car elle englobe toutes les dimensions de la vie, de l’étude des êtres de ce monde à celle du ciel, de la métaphysique à la vie éthique, et qu’elle s’intéresse particulièrement à la logique. Mais l’Aristote sur lequel se penche Avicenne n’est pas chimiquement pur. Il est repensé à l’aune du Coran et d’écrits néoplatoniciens. Comme chez Plotin, par exemple, Avicenne pose un principe premier, absolu, qui correspond au Dieu de l’islam. Et contrairement à ce qui se passe chez Aristote, ce principe premier n’est pas le premier moteur du monde : ce serait trop réducteur d’en faire un principe physique destiné à rendre compte du mouvement."
(...) Aqui.

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